La RATP refuse l’accès à un demandeur handicapé “on m’a dit que c’était trop compliqué à mettre en place”

Dans les couloirs du métro parisien, une nouvelle procédure fait parler d’elle : la demande d’accès aux données du CRP RATP pourrait-elle devenir un casse-tête administratif pour les usagers ? Plusieurs témoignages révèlent des difficultés inattendues pour obtenir ces informations pourtant essentielles.

« J’ai dû faire trois démarches pour obtenir mes données de trajet » : le parcours du combattant de Léa

Léa, 28 ans, employée dans une startup parisienne, pensait pouvoir facilement récupérer son historique de déplacements auprès du Centre de Règlement des Paiements (CRP) de la RATP. Son objectif ? Justifier ses frais professionnels. « Le formulaire en ligne m’a renvoyée vers une demande écrite, puis on m’a réclamé une copie de ma pièce d’identité certifiée conforme », raconte-t-elle, visiblement frustrée.

« Je ne comprends pas pourquoi c’est si compliqué alors que ce sont mes propres données. À ce rythme, j’aurais presque préféré payer l’amende pour fraude présumée ! »

Ce que dit la loi sur l’accès aux données personnelles

Le droit d’accès prévu par le RGPD semble pourtant clair : toute personne peut demander communication des données la concernant. Pourtant, la RATP appliquerait une interprétation particulièrement stricte de ce droit fondamental.

Un porte-parole de l’entreprise publique explique : « Nous devons concilier transparence et protection des données, surtout avec nos 10 millions de voyageurs quotidiens. » La direction évoque des risques de usurpation d’identité et de fraude aux remboursements pour justifier ces contrôles renforcés.

Les 3 pièges à éviter dans votre demande d’accès CRP RATP

Plusieurs usagers ayant réussi à obtenir satisfaction partagent leurs conseils :

  • Préciser la période exacte concernée (les demandes trop larges seraient systématiquement rejetées)
  • Joindre une preuve de domicile de moins de 3 mois (même pour les données de navigation)
  • Envoyer sa demande par courrier recommandé avec AR (les emails disparaîtraient souvent dans les limbes administratives)

Une solution alternative qui fait polémique

Face à ces difficultés, certaines entreprises proposent désormais des services payants pour récupérer ces données à la place des usagers. « C’est un comble de devoir payer un intermédiaire pour accéder à ses propres informations », s’indigne Marc, un abonné Navigo depuis 15 ans.

La CNIL aurait déjà reçu plusieurs plaintes concernant ces pratiques. Dans un récent communiqué, l’autorité rappelle que « les démarches pour exercer ses droits fondamentaux ne doivent pas constituer un obstacle disproportionné ».

Et si la solution venait des nouvelles technologies ?

Des expérimentations seraient en cours pour permettre un accès sécurisé via l’application Bonjour RATP. Les usagers pourraient bientôt consulter leur historique directement sur smartphone, après une vérification d’identité par reconnaissance faciale.

En attendant, le débat continue de faire rage entre partisans d’une administration transparente et défenseurs de la protection des données. Une chose est sûre : dans l’ère du tout-numérique, l’accès à ses propres informations ne devrait pas ressembler à une course d’obstacles.

Pour ceux qui souhaitent tenter l’aventure, le formulaire officiel est disponible sur le site de la RATP. Mais prévoyez plusieurs semaines de patience – et peut-être quelques relances – avant d’obtenir satisfaction.